Restauration de la confluence Doubs-Loue

Reconstruire des systèmes alluviaux moteurs de biodiversité

En vue de protéger les habitations contre les crues, la confluence Doubs-Loue a été fortement remaniée et endiguée au fil du temps, ce qui a notablement affecté les écosystèmes qu’elle abritait.

S’inscrivant dans une approche contemporaine de l’aménagement des rivières, le Syndicat mixte Doubs Loue a engagé, avec l’aide d’Artelia, une restauration « raisonnée » de cette confluence qui vise à rétablir une dynamique fluviale plus naturelle, rehausser le niveau de la nappe et reconstituer la richesse écologique du site.

CONTEXTE & ENJEUX

La confluence entre le Doubs et la Loue a connu au fil des siècles des aménagements majeurs (endiguements, protections de berges, extractions alluvionnaires en lits mineur et majeur…) qui ont atteint leur paroxysme après 1950 avec l’industrialisation des extractions et la « domestication » des deux cours d’eau (rectification et corsetage de grande ampleur). Si l’objectif, la maîtrise des débordements « sauvages et anarchiques » des rivières, était respectable, les modes d’aménagement utilisés se sont avérées néfastes, car provoquant d’importantes modifications de la dynamique sédimentaires de ces rivières et entrainant la disparition de milieux naturels riches en biodiversité.

La restauration de la confluence engagée par le Syndicat mixte Doubs loue constitue une première étape dans la reconstitution des espaces alluviaux, au sein d’un site emblématique de la région qui accueille la réserve naturelle nationale de l’Ile du Girard. L’opération, dont Artelia a assuré la maîtrise d’œuvre, s’appuie sur différentes techniques de restauration des hydro-systèmes alluviaux avec pour finalité de réactiver les processus morpho-dynamiques, véritables moteurs de la biodiversité alluviale.

Nos équipes ont ainsi élaboré un programme comprenant le désenrochement de plus de 1 500 m de berges, le démantèlement de 1 000 m de casiers d’inondation, le retrait d’épis en lit mineur, le démantèlement de 450 m de digue d’entonnement et le déboisement de 4,4 ha. En remplacement de ces aménagements, des encoches d’érosion et des chenaux de redynamisation ont été créés. Un banc alluvionnaire de 38 m de largeur et 350m de longueur a également été positionné dans le lit mineur du Doubs. Aujourd’hui la confluence a retrouvé une certaine liberté et plusieurs espèces, d’oiseaux notamment, ont commencé à se réinstaller.